Guillaume Paoletti
Week-end « Musique Classique, Musique du Monde » 
3, 4 et 5 Août 2012
Concert du Vendredi 3 Août 2012
«Au coeur de la nuit»
Double thématique pour ouvrir ce week-end musical; La Nuit comme fil conducteur et un hommage.
Ouverture avec l'une des oeuvres les plus célèbres de Mozart, aboutissement d'un genre, chef d'oeuvre d'équilibre et d'élégance dont il faut absolument connaître la version originale - quatuor à cordes et contrebasse - telle que proposée ici dans ce programme, plus raffinée et plus poétique dans son dépouillement que celle pour formations plus larges. «La Petite Musique de Nuit» n'en finit pas d'exhalter ses charmes. Pourquoi y résister ?

Jean Françaix
Transition avec le compositeur que l'on surnommait le «Mozart Manceaux» : Jean Françaix, natif du Mans dont on célèbre en 2012 le centenaire de sa naissance. Sa musique de chambre avec plus de cinquante pièces est constamment jouée et enregistrée dans le monde et son trio à cordes est un des classiques du répertoire. Sa musique est néoclassique, légère et élégante, brillante et pleine de charme avec une vivacité et une ironie qui en font un reflet typique de «L'Esprit Français» hors de nos frontières. Jean Françaix a toujours travaillé en étroite collaboration avec les musiciens. Diana Ligeti, violoncelliste de l'Ensemble Musique Oblique a eu ce privilège et cette chance et nous fera donc part de sa relation avec le compositeur.
«Au coeur de la nuit» avec Borodine et son fameux «Nocturne» extrait du 2ème Quatuor à cordes où le violon et le violoncelle dialoguent comme dans un rêve.
La deuxième partie du concert sera consacrée à une oeuvre où musique et poésie sont intimement liées. «La Nuit Transfigurée» est écrite d'après un poème de Richard Dehmel qui vous sera lu. La musique agira ainsi comme un commentaire des sentiments exprimés. L'intensité expressive (ambiance clair de lune, bruissement des cordes avec sourdine etc....) que véhicule cette musique en fait un véritable hymne à la nature et à la rédemption par l'amour.
Concert du Samedi 4 Août 2012
«Au coeur de l'âme yiddish et tzigane»

Sirba Octet
Bien des thèmes repris par le Sirba Octet dans son programme A Yiddishe Mame sont des classiques, non qu'ils soient toujours connus de tous, mais parce qu'ils ont beaucoup voyagé et tiennent une grande place dans l'inconscient collectif et la culture personnelle de chacun. Ces thèmes sont vivants, ils se fredonnent, se dansent, se laissent réinterpréter au fil des époques, des régions, des parcours et des histoires.
Si la virtuosité et l'émotion se retrouvent inévitablement dans ces airs marqués par l'errance d'un peuple, c'est la couleur, la richesse et l'inventivité de la réécriture musicale qui viennent révéler ces thèmes si souvent fredonnés. Outre une orchestration oscillant sans cesse entre musique de chambre et musique traditionnelle, ces musiciens issus des formations les plus prestigieuses réussissent l'impossible pari de réunir les genres, du rire aux larmes, de la nostalgie à la joie…
Concert du Dimanche 5 Août 2012
«Au coeur de l'empire Austro-Hongrois»
L'Autriche et la Hongrie ont été dans l'histoire intimement mêlées aussi bien géographiquement, politiquement que culturellement.
Le programme de ce concert se veut un reflet de cet empire culturel Austro-Hongrois.
Haydn avec le final «à la Hungarese» ou «in the gypsie style» de son 39ème trio avec piano transcende d'avance la musique de genre à parfum tzigane de la fin du XIXème. Joseph Joachim y voyait un hussard hongrois en train de se retrousser les moustaches !
Nous poursuivrons avec Kodàly et Bàrtok, chefs de file du mouvement national dans la musique hongroise. Tous deux ont collecté les chants traditionnels de leur pays natal et ont fait oeuvre de pionniers dans le domaine des publications scientifiques. Le piano tour à tour avec le violoncelle, l'alto et le violon, dans ces trois pièces où la qualité épique, la richesses de mélodie et de couleur, l'intensité d'expression et le contrôle absolu des valeurs sonores en font des trésors de lyrisme et d'intensité rythmique.
Enfin, nous nous réunirons tous les cinq pour un retour en Autriche avec le célébrissime quintette «La Truite» de Schubert. Est-t-il besoin d'en dire plus sur cette oeuvre ? Non sans doute et laissons-nous alors bercer par les flots de ce chef d'oeuvre sans oublier la résonance aquatique de notre festival, de votre festival : «Les Journées Musicales entre Loir et Loire»